Aujourd’hui, je vous propose de découvrir à un article de FNAC : Dictionnaire de l’extrême-droite.
Histoire À l’extrême droite, plus qu’ailleurs, les mots sont des armes pour le combat politique. Ces mots sont particuliers : soit parce qu’ils sont inventés pour fustiger un ennemi («Ripoublique», «établissement», «sidaïques»), soit parce qu’ils prennent un sens spécial dans la bouche des tribuns incarnant ce mouvement («crise», «déclin», «immigrés»).En analysant le sens et les sous-entendus du discours de l’extrême droite, mais aussi en décrivant les organisations, les partis, en relatant les parcours des leaders et des hommes de l’ombre ou en expliquant les positions sur les problèmes du moment (Irak, chômage, culture, terrorisme…), ce dictionnaire permet de mieux comprendre les ressorts et les ambitions d’une famille politique qui espère, plus que jamais, revivre le «miracle» du 21 avril 2002. Sous la direction d’Erwan Lecoeur, auteur de Un Néo-populisme à la française, Trente ans de Front national, ce dictionnaire a été rédigé par une équipe de spécialistes composée de Jean-Yves Camus, Sylvain Crépon, Nonna Mayer, Marie-Cécile Naves, Birgitta Orfali, Bernard Schmid et Fiammetta Venner.Extrait du livre :Un phénomène qui émerge par grandes vaguesL’extrême droite progresse par vagues, chacune étant associée à une époque de l’histoire. Le XIXe siècle est celui de la contre-révolution. La période 1880-1940 est celle de la naissance et de l’apogée des fascismes, défaits en 1945. Après cette date, le discrédit qui couvre l’extrême droite la marginalise pendant quelques années. Elle réapparaît toutefois sous la forme des néofascismes en Italie et en Allemagne (MSI et SRP), qui forment la première vague, celle des partis nostalgiques. Dans les années 1950-1960, avec le succès du poujadisme en France et la naissance du NPD allemand, vient la seconde vague, plus éloignée des mouvements d’avant-guerre. Au milieu des années 1970 émergent au Danemark et en Norvège les partis de la protestation fiscale et anti-État, totalement détachés des fascismes. Au début des années 1980, le phénomène s’étend en Europe occidentale : c’est la troisième vague, celle des partis nationaux-populistes. Ils sont modernes, participent aux élections et ne veulent pas le renversement violent des démocraties. Mais leur programme se distingue radicalement de celui des droites libérales et des sociaux-démocrates par le culte du leader charismatique, le populisme et la xénophobie, la lutte contre l’immigration étant au coeur de cette idéologie de réaction à la transformation de nos sociétés vers le multiculturalisme, exacerbée encore par la crise économique et le chômage. En 2002, le phénomène de la liste Pim Fortuyn aux Pays-Bas donne sans doute le signal d’une quatrième vague : celle de formations hyperpersonnalisées, sans appareil militant ou presque, très centrées sur le combat contre l’islam autant que contre l’immigration économique et politique et souhaitent que l’influence politique et sociale de l’Église catholique soit grande. Les partisans de la branche d’Orléans acceptent pour la plupart l’héritage révolutionnaire, le libéralisme et le parlementarisme.
Erwan LecoeurMouvements Politiques
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